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Whitehall |
Whitehall désigne un type de bateau d'aviron très spécialisé apparu vers le début du 19e siècle. Le nom viendrait de l'endroit où ils ont été fabriqués à l'origine : au bas de la rue Whitehall Street dans la ville de New-York. Une autre théorie relie ce nom au quartier du même nom à Londres, et au type de bateau utilisé par les passeurs de la Tamise. Quoi qu'il en soit, le type a bien été spécialisé et raffiné à New-York, puis en parallèle à Boston.
L'utilisation première des bateaux de type Whitehall était de transporter des personnes : pilotes, agents portuaires, médecins, gréeurs, charpentiers ou artisans de toutes sortes entre les bateaux mouillés dans le port de New-York et les quais, y compris la police du port de New-York. Le Whitehall devait également pouvoir transporter quelques marchandises et outils. Bien que spécialisés pour l'aviron, nombre de ces bateaux portent un gréement modéré qui leur permet de marcher superbement à la voile, car certains n'hésitaient pas à aller loin en mer pour être les premiers à offrir leurs services aux navires en approche, notamment les "rabatteurs" des hôtels à marins. Les deux critères essentiels étaient donc la vitesse à l'aviron d'une part, et la tenue de mer d'autre part.
C'est le premier type de bateau construit en quasi-série car la demande du port était forte. On les construit d'une longueur de 12 à 24 pieds (3.66 m à 7.32 m), et les plus grands étaient manoeuvrés par plusieurs hommes aux avirons (jusqu'à cinq.) Depuis New-York ils se sont répandus rapidement sur toute la côte nord-est des Etats-Unis, et de là dans tous les ports d'Amérique du Nord.
Néanmoins, le Whitehall n'est pas soudainement apparu de toutes pièces. C'est l'aboutissement d'un type pré-existant de bateaux d'aviron rapides comme il y en avait déjà dans les ports et surtout sur le pont ou dans les bossoirs des navires pour assurer les liaisons avec la côte et entre navires. L'évolution de la construction navale était lente car les charpentiers étaient conservateurs et tendaient à reproduire les formes qu'ils avaient l'habitude de construire (et pour lesquelles ils avaient déjà des gabarits.) Ils gardaient "ce qui marche" en ne faisant de changements que très progressivement. Quand on était certain qu'une modification "marchait" mieux, elle était intégrée. Avec le Whitehall on se trouve au bout d'une chaîne d'évolution de ce type.
Le Whitehall est d'abord construit exclusivement à clin, puis plus tard également à franc-bord. Sa forme est caractérisée par une étrave presque verticale (pour obtenir la longueur de flottaison maximale), une proue généreuse, des flancs arondis avec une largeur modérée, une quille qui fait toute la longueur de la carène et un tableau arrière "en verre à vin" (d'autres disent "en coeur", question de point de vue...) terminé par un skeg important. Ils sont dessinés pour affronter le clapot du port, résister à un vent latéral et néanmoins avoir un bon potentiel de vitesse à l'aviron, même en charge. La conjugaison de ces impératifs donne une coque fine et puissante d'une élégance incomparable.
Au début du 20e siècle, leur forme devint populaire pour la plaisance naissante car leur stabilité importante les rendait sûrs pour les utilisateurs novices (il est difficile de les faire chavirer), et leur longue quille facilitait l'apprentissage de la rame par la stabilité directionnelle qu'elle apporte. En agissant sur les deux avirons à contre, on arrive néanmoins à tourner le bateau dans sa longueur. |
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